06min48sec (july 2026)
La mer effeuille sa peau de lumière, miroir qu'aucun ange n'a foulé, et chaque seconde, dans la poussière, est unique — elle ne reviendra jamais.
La côte rêve les yeux grands ouverts, elle compte les messagers que le sel envoie, mais nulle vague ne revient pour dire ce que l'instant, déjà perdu, portait.
L'écume est la cendre des marées en feu, un souffle né, un souffle enfui — il écrit son signe au front du temps et l'efface avant qu'on l'ait compris.
Sur le rivage dort un miroir sans cadre, où se noie l'image qu'il enfanta, ainsi chaque instant meurt de son propre nom, à peine dit, il n'est déjà plus ce qu'il fut.
Les vagues emportent leurs fleurs mortes vers l'obscur d'où elles sont venues, et chaque seconde, à peine née, se consume — la mer ne garde que l'écume de leurs noms.
Nul rivage ne retient ce qui fut vague, nul vent ne se souvient de son cri — rien que la Gischt, cheveu blanc et fugace du temps, qui en lui-même se délivre.